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Portrait d'innovateur : Manuel Rosa-Calatrava

  • il y a 10 heures
  • 6 min de lecture


Valoriser l’innovation académique dans nos territoires et à l’international


Manuel Rosa-Calatrava, chercheur au Centre International de Recherche en Infectiologie (Lyon 1 Université / Inserm / CNRS / ENS de Lyon), a construit sa carrière sur une conviction : la recherche doit avoir un impact tangible sur la société.

« Mon travail ne se limite pas à la publication d’articles, mais vise à développer des solutions concrètes pour la santé des populations, qu’il s’agisse d’innovations thérapeutiques, d’outils diagnostiques ou de stratégies vaccinales ; c’est le sens et l’enjeux que je donne à mon métier de chercheur à l’INSERM ».

Cette philosophie s’incarne dans deux structures qu’il a co-fondées : Virnext, une plateforme de valorisation des innovations de santé issues de son équipe de recherche et de RESPIVIR, un laboratoire international dédié à la lutte contre les pandémies.


Son parcours reflète cette approche. Après une thèse CIFRE à l’IGBMC (INSERM UMR-S 1258, Strasbourg) et la poursuite de ses travaux de R&D à Transgene, il intègre l’Inserm en 2005 avec l’objectif de mener une recherche intégrée fondamentale, translationnelle et technologique pour répondre aux besoins sociétaux. Les pandémies de H1N1 en 2009 et de COVID-19 a confirmé le bien-fondé de cette démarche.

« Nos structures ont pu réagir rapidement parce qu’elles étaient préparées pour la collaboration public-privé et le transfert d’innovation vers la clinique et l’industrie, là où d’autres laboratoires ont dû s’adapter dans l’urgence».

Virnext : une plateforme de recherche technologique au service de la santé publique


En 2010, la plateforme Virnext est créée et intégrée au sein de son équipe de recherche (VirPath), qu’il co-dirige avec Bruno Lina, sous l’impulsion de Lyon Ingénierie Projets et EZUS Lyon, avec le soutien de PULSALYS. Son ambition est d’accélérer le développement de technologies innovantes directement applicables dans le domaine de la santé.


Parmi les réalisations les plus marquantes de cette plateforme de l’Université Lyon 1, les premières images mondiales du SARS-CoV-2 en microscopie électronique, l’évaluation de centaines de molécules et anticorps candidats, ainsi que la contribution à plusieurs essais cliniques visant à évaluer des médicaments repositionnés contre la Covid-19.


Images en microscopie électronique à transmission d’épithélium respiratoire humain infecté par le virus SARS-CoV-2. Ces images ont été obtenue sur la plateforme d’imagerie de l’Université Claude Bernard Lyon 1 (CIQLE). Crédits photos: Manuel Rosa-Calatrava, INSERM ; Olivier Terrier, CNRS ; Andrés Pizzorno, Signia Therapeutics ; Elisabeth Errazuriz-Cerda  UCBL1 CIQLE. VirPath (Centre International de Recherche en Infectiologie U1111 INSERM - UMR 5308 CNRS - ENS Lyon - UCBL1). Colorisé par Noa Rosa C.
Images en microscopie électronique à transmission d’épithélium respiratoire humain infecté par le virus SARS-CoV-2. Ces images ont été obtenue sur la plateforme d’imagerie de l’Université Claude Bernard Lyon 1 (CIQLE). Crédits photos: Manuel Rosa-Calatrava, INSERM ; Olivier Terrier, CNRS ; Andrés Pizzorno, Signia Therapeutics ; Elisabeth Errazuriz-Cerda  UCBL1 CIQLE. VirPath (Centre International de Recherche en Infectiologie U1111 INSERM - UMR 5308 CNRS - ENS Lyon - UCBL1). Colorisé par Noa Rosa C.

Virnext a également développé des modèles expérimentaux d’infection par le SARS-CoV-2 chez le primate non humain, en partenariat avec la société Cynbiose et grâce au soutien de la Région Auvergne-Rhône-Alpes. Cette mobilisation exceptionnelle a ainsi permis l’évaluation préclinique et le transfert accéléré en clinique du vaccin Bimervax® de la société pharmaceutique HIPRA, qui a été autorisé en Europe en 2023.


A la demande de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, Virnext a également réalisé en partenariat avec Lyonbiopole et la société VirHealth, un essaimage également de l’équipe de Manuel Rosa-Calatrava, la première évaluation européenne de dispositifs de traitement d’air contre le virus SARS-CoV-2 infectieux, pour leur déploiement dans des hôpitaux et des écoles visant à mieux protéger les populations.


De ces savoir-faire uniques de génération d’atmosphères contaminées en bancs d’essais, la startup VirexpR a été créée et propose aujourd’hui une offre technologique unique pour réduire les risques de contaminations infectieuses aéroportées dans différents secteurs tels que les transports, établissements recevant du public, des hôpitaux, de l’industrie pharmaceutique, agroalimentaire ainsi que de l’élevage.


Depuis 2012, Virnext a également contribué à la publication de plus de 50 articles scientifiques de l’équipe de recherche, au dépôt de 18 familles de brevets internationaux sur des technologies de pointe en virologie et immunologie, et a contribué à la création de plus de 150 emplois dans la région Auvergne-Rhône-Alpes.


« Virnext est dédiée aux partenariats industriels et la recherche translationnelle pour accélérer le développement et l’évaluation de candidats prophylactiques et thérapeutiques contre les maladies infectieuses émergentes et ré-émergentes ».


RESPIVIR France - Canada : Une plateforme stratégique face aux futures crises pandémiques


Pour pérenniser et développer une collaboration de 15 ans avec le Pr Guy Boivin au Centre de recherche en infectiologie du CHU de Québec - Université Laval), Manuel Rosa-Calatrava co-fonde RESPIVIR en 2021, un laboratoire international de Recherche entre Lyon 1 Université et l’Université Laval. Ce partenariat, soutenu par la Région Auvergne-Rhône-Alpes et labellisé par le CNRS (IRP) et l’INSERM (Jointlab), permet de renforcer et mobiliser efficacement les expertises et les infrastructures des deux partenaires pour répondre plus efficacement aux défis sanitaires mondiaux.

Réunion des 5 ans de RESPIVIR, organisée à l’Université Claude Bernard Lyon 1, le 27 novembre 2025 - Crédits photos : Eric Le Roux / Direction de la communication Lyon 1
Réunion des 5 ans de RESPIVIR, organisée à l’Université Claude Bernard Lyon 1, le 27 novembre 2025 - Crédits photos : Eric Le Roux / Direction de la communication Lyon 1

RESPIVIR forme également la relève scientifique : plusieurs jeunes chercheurs et doctorants en cotutelle entre les deux universités travaillent sur les projets de recherche du laboratoire, bénéficiant d'échanges réguliers entre Lyon et Québec.

« Le Québec offre des infrastructures de pointe et une réglementation plus adaptée à l’étude et la manipulation de virus hautement pathogènes à risque pandémique comme le  virus influenza H5N1 qui a émergé récemment en Amérique du nord (...) En mutualisant nos forces, nous pouvons accélérer le développement de solutions contre les pandémies futures ». 

Parmi les réalisations concrètes de RESPIVIR, Le laboratoire a également  développé une plateforme vaccinale multivalente vivante atténuée à administration intranasale (METAVAC®), associée à un procédé de production industrialisable. Un candidat vaccin bivalent (METAVAC®-RSV) a déjà été validé au stade préclinique in vivo contre les virus respiratoires responsables des bronchiolites et pneumopathies sévères. La Start-up Vaxxel (lauréate du concours i-Lab) a été co-fondée par Manuel Rosa-Calatrava et Guy Boivin, pour le développement clinique de ce candidat vaccin innovant.


Soutenu par l’Université Laval, la Région Auvergne-Rhône-Alpes, les tutelles du CIRI (CNRS, Inserm, Lyon 1 Université, ENS de Lyon), RESPIVIR bénéficie d’une visibilité internationale qui attire des partenaires industriels.

« Ces labellisations et financements nous permettent de positionner RESPIVIR comme un acteur clé dans la lutte contre les pandémies, tout en renforçant la souveraineté sanitaire ».

Lyon/Saint-Étienne : un écosystème local pour un rayonnement global


Manuel Rosa-Calatrava insiste sur l’importance des synergies locales pour amplifier l’impact de la recherche. « Notre partenariat de longue date avec le laboratoire GIMAP (CIRI, Université Jean Monnet / CHU de Saint-Étienne ), dirigé par le Pr Stéphane Paul, est un exemple concret de complémentarité au sein de notre écosystème régional », explique-t-il.


Cette coopération se traduira en 2027 par la création d’une équipe commune bi-site Lyon/Saint-Étienne, validée par le Scientific Advisory Board du CIRI. Ce projet ambitieux intégrera les disciplines de virologie et d’immunologie et les expertises pré-cliniques et cliniques des deux territoires. Cette nouvelle équipe contribuera ainsi à la structuration  du Pôle Université d’Innovation de Lyon Saint-Etienne.


Cette dynamique a déjà permis de participer à des projets européens majeurs, comme le PIIEC Med4cure en partenariat avec Sanofi qui vise à développer une filière industrielle de vaccins à ARN ou encore l’essai clinique PIPELINE qui étudie la combinaison des options de prévention déjà autorisées contre l'infection par le VRS chez les nourrissons, ainsi qu’à des initiatives nationales telles que France Vaccin.

« Cette collaboration montre que Lyon et Saint-Étienne, en mutualisant leurs forces, peuvent rivaliser avec les grands pôles internationaux ».

L’international : un levier pour protéger les populations et dynamiser les territoires


Pour Manuel Rosa-Calatrava, la dimension internationale de RESPIVIR n’est pas un simple atout, mais une réponse stratégique aux enjeux sanitaires globaux.

« Les virus ne connaissent pas les frontières et notre collaboration avec le Québec nous permet de mutualiser des expertises et des infrastructures uniques ».

Dans cette dynamique, un nouveau partenariat de R&D a récemment été mis en place avec le centre de recherche de renommée internationale A*STAR-Infectious Diseases Lab. Le programme vise à développer de nouvelles stratégies d’immunothérapies anti-infectieuses et s’inscrit en complémentarité avec les axes de recherche du laboratoire international RESPIVIR. Déjà financé par le programme PHC MERLION, Lyon 1 Université et la Région Auvergne-Rhône-Alpes, ce projet porté par Andrés Pizzorno au sein de l’équipe, s’est déjà traduit par plusieurs publications et un encadrement en co-tutelle d’un doctorant entre les deux laboratoires.


« Au-delà des avancées scientifiques, cette stratégie à l’international illustre comment la recherche académique et le transfert de l’innovation peuvent se combiner pour renforcer davantage nos capacités de préparation et de réponse aux futures crises sanitaires ».

Pour Manuel Rosa-Calatrava, l'ambition est double : positionner l'écosystème Lyon/Saint-Étienne/Québec/Singapour comme un acteur clé dans la lutte contre les maladies infectieuses émergentes et créer de la valeur économique et sociétale pour renforcer la souveraineté sanitaire, en contribuant à la réindustrialisation grâce à des partenariats public-privé dans la région Auvergne-Rhône-Alpes.


« Ce qui fait la force de notre modèle, c’est cette capacité à articuler excellence académique, partenariats industriels et coopération internationale, et c’est avant tout notre fort ancrage au sein du Pôle Universitaire d’Innovation de Lyon Saint-Etienne et en région Auvergne-Rhône-Alpes qui nous permet de rayonner à l’international ».

 


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